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Production de blé : comment anticiper les risques climatiques en France d’ici 2100

Les années 2003, 2007, 2016 et 2024 se démarquent comme les années de pires récoltes pour la production de blé dans l'Hexagone.

Des scientifiques d’Inrae ont mis au point une méthode pour mesurer à quelle fréquence les années à risques de fortes pertes de production en blé, similaires à 2003, 2016 ou 2024, pourraient se produire d’ici la fin du siècle selon différentes trajectoires climatiques.

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Dans un scénario de changement climatique marqué d’ici 2100, « la fréquence des épisodes simultanés de canicules et de sécheresse pourrait être multipliée d’un facteur 3 dans le nord de la France et d’un facteur 6 dans le sud de la France. La combinaison d’hiver trop doux et de conditions très humides, favorables au développement de maladies et de ravageurs du blé, pourrait, elle, être multipliée par 12 dans le Nord d’ici 2100 et par 2,5 dans le Sud ».

C’est ce qui ressort de l’étude publiée par des scientifiques d’Inrae, dans Agricultural and Forest Meteorology. Ces derniers ont défini une méthode combinant des modèles de développement de variétés de blé (précoces ou tardives), les données climatiques historiques et les projections climatiques du Giec et des modèles statistiques, pour évaluer la fréquence des risques climatiques et la probabilité de "pires récoltes" jusqu’en 2100. 

« De nouveaux risques climatiques pourraient également apparaître pour le blé, comme un stress thermique précoce et des nuits trop chaudes qui affecteraient le développement de la plante et la maturité des grains. En revanche les risques liés au froid diminueraient. » Par contraste, « dans le scénario à faibles émissions de gaz à effet de serre, conforme aux objectifs de l’accord de Paris, les risques climatiques à l’horizon 2100 resteraient similaires aux conditions actuelles ».

« Ces résultats soulignent l’importance d’agir dès aujourd’hui pour réduire nos émissions et éviter un effort d’adaptation beaucoup plus lourd à l’avenir », mettent en avant les chercheurs d'Inrae.

« Mieux orienter nos efforts d'adaptation »

Mieux comprendre comment les principaux risques vont évoluer dans les décennies à venir est « un moyen pour les sélectionneurs, les agriculteurs et les acteurs de la filière d’anticiper ces changements. Cela leur fournit des éléments pour adapter les variétés et les pratiques agricoles en conséquence, pour sécuriser durablement la production de blé face au climat de demain.

« Pendant longtemps, on a dimensionné digues, barrages et politiques agricoles selon une " période de retour" des événements extrêmes ou des situations de pertes drastiques de récolte. Mais dans un climat qui change vite, ces repères ne tiennent plus : il faut penser le risque comme une courbe qui évolue, pas comme une constante, pour mieux orienter nos efforts d’adaptation », explique Carina Furusho Percot, ingénieure de recherche au sein de l’unité AgroClim d’Inrae et co-autrice de l’étude.

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